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février25th

Selon GfK, les marchés de l’Entertainment ont connu une année 2009 contrastée, marquée par une croissance des ventes en volume (+1,9%) et un recul du chiffre d’affaires correspondant (-1,8%). GfK détaille chaque semaine les marchés de produits physiques (livre, musique enregistrée (CD audio), vidéo (DVD, Blu-ray) et les loisirs interactifs (logiciels pour consoles, jeux PC) et confirme que l’un des grands enjeux sur ces marchés est le dématérialisé, dont les ventes sont aussi suivies par GfK.

« Soutenus par une offre de qualité, les marchés de l’Entertainment ont renoué avec la croissance en volume en 2009 (+ 1,9% par rapport à 2008), mais avec un chiffre d’affaires global en recul de 1,8% qui s’affiche à 7,86 Milliards d’Euros. Sur le dématérialisé, la croissance de la Video On Demand et la musique numérique légale se poursuit (respectivement +60% pour la VOD et +22% pour la musique numérique) mais ne permet pas de compenser le recul du physique », explique François Klipfel, directeur général adjoint de GfK Retail & Technology France. La taille du marché de la VOD reste encore relativement faible : 6% du marché total de la vidéo avec un chiffre d’affaires de 85 Millions d’Euros. La taille du marché de la musique numérique est de 8% du marché de la musique enregistrée avec un chiffre d’affaires de 75 Millions d’Euros.

Le recul global cache de forts contrastes par marché, avec des consommateurs qui ont réagi très différemment à la crise. C’est en effet le recul des logiciels de loisirs (-12,4% en valeur) qui a entrainé l’ensemble du marché de l’Entertainment vers le bas en 2009. Le DVD et le livre ont en revanche connu une bonne année. « Notons que si le marché est en recul en 2009 en valeur, il progresse en volume de 1,9%, pour atteindre 571 Millions d’unités vendues. Le nombre d’actes d’achats n’a donc pas été impacté par la crise, mais la valorisation de ces actes est en léger recul », indique Philippe Person, directeur du département Entertainment chez GfK Retail & Technology.

Le marché du livre a résisté à la crise, et l’a même vécu comme une opportunité : phénomènes de mode, travail de l’actualité et du fonds, ouvrages anti-crise ont permis au marché de rayonner

Le marché du livre atteint 4,2 Milliards d’Euros en 2009 et affiche une croissance de +3,9% en valeur. Loin de fuir les livres, les lecteurs semblent apprécier de s’y plonger en ces temps difficiles. Valeurs refuges, les livres comme les sorties cinéma ont terminé l’année 2009 en croissance, sans subir de crise.

Le prix du livre peut être un des facteurs d’explication : le livre reste en effet le moins cher des produits de l’Entertainment, avec un prix moyen de 10,9 Euros, en phase avec celui qu’attend le consommateur.

Cette bonne santé du marché n’est pas étrangère à un phénomène planétaire qui a largement contribué à cette croissance : Twilight et plus largement la mode des vampires. Avec 2,5 Millions d’unités vendues pour la seule série Twilight de Stephenie Meyer chez Hachette, ce phénomène se classe au-dessus des habituels scores des best-sellers annuels. L’année dernière, à titre de comparaison, la série à succès Millenium avait été vendue à 1,4 Millions d’unités.

Autre phénomène qui a permis au marché de résister à la crise… et bien la crise justement ! Plus de 600.000 ventes ont été faites sur des ouvrages parlant de la crise financière, mais le phénomène est en fait nettement plus fort, puisque d’autres types de livres ont surfé sur cette vague : de Jean-Pierre Coffe avec ses 325.000 ventes pour Le Plaisir à petits prix chez Plon, au retour des recettes de grands-mères pour entretenir sa maison sans frais ou au succès des ouvrages sur la recherche d’emploi, la rédaction de CV ou la préparation des concours de la fonction publique.

L’objet livre acheté pour le plaisir ou pour offrir, dans toute la diversité de ses formats, paraît encore peu inquiété par le numérique. Dans un sondage réalisé par GfK en novembre 2009, 61% des Français se disent susceptibles de lire un livre au format électronique un jour, et parmi eux, 97% attendent de la révolution numérique un gain significatif en termes de prix : le prix moyen attendu pour un nouveau roman en format numérique est de 7 Euros, de 4 Euros pour un roman sorti il y a plus d’un an et de 4,5 Euros pour une BD ! Ces prix attendus sont bien loin des prix pratiqués, inférieurs de 5% à 10% aujourd’hui sur les prix des livres numériques par rapport à leurs homologues physiques !

En termes de circuits de vente, les web-librairies s’imposent année après année comme les locomotives du marché et le circuit Internet représente désormais 7% de la valeur du marché avec une progression de +24% par rapport à 2008. Les ventes en hypermarchés et en enseignes multimédia affichent chacune une croissance de +5% en valeur quand les librairies ont vu leurs ventes rester stable. La croissance de ces réseaux est à rapprocher de la perception des consommateurs qui pensent qu’Internet est le réseau sur lequel un livre est vendu le moins cher, alors qu’ils pensent que le réseau où il sera vendu le plus cher est la librairie. Les résultats de l’étude GfK montrent que 83% des Français ignorent que le prix du livre est unique en France quelque soit le point de vente (loi Lang de 1981).

Le marché du DVD : croissance en volume, maintien en valeur
Le marché de la vidéo a retrouvé en 2009 la croissance pour la première fois depuis 2004, tant en volume qu’en valeur. Malgré le contexte économique difficile, les ventes de DVD et de Blu-ray se sont maintenues en valeur et ont explosé en volume, avec des évolutions respectives de +0,5% et +12,4%. Plusieurs facteurs s’unissent pour expliquer ces bonnes tendances.

Le format Blu-ray a connu une excellente année 2009, cette catégorie de produits fait même basculer le marché de la vidéo vers le positif. Avec 108 Millions d’Euros, il a représenté 8% du marché vidéo physique en valeur. Si la part des ventes du Blu-ray est extrêmement variable d’un titre à l’autre, il n’est désormais plus rare d’en constater pour certains une proportion significative. The Dark Knight, dernier opus de la saga Batman, a ainsi réalisé près d’un quart de ses ventes sous ce format. La poursuite de la progression du taux d’équipement de lecteurs et téléviseurs compatibles Haute Définition augure d’une poursuite de l’essor de ce segment pour les années à venir.

L’année 2009 a également été marquée par une activité promotionnelle intense, principale responsable de la forte évolution en volume du marché. Les comportements d’achat des consommateurs ont certes évolué dans leur globalité, en réponse notamment à la dégradation du climat économique, mais les gros acheteurs de DVD, qui soutenaient déjà activement le marché, ont maintenu leurs investissements en profitant des nombreuses opérations promotionnelles proposées. Les films de catalogue, qui ont massivement composé ces opérations promotionnelles, se retrouvent logiquement en forte progression en volume.

Troisième facteur de la bonne tenue du marché, la nouvelle chronologie des médias permettant à un film de sortir en DVD et Blu-ray quatre mois après sa sortie en salle, a permis de reporter sur 2009 un certain nombre de nouveautés fortement génératrices de valeur. L’apport de titres comme L’Age de Glace 3, Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé, Là-Haut ou encore Transformers 2 a largement contribué à établir les tendances positives du marché.

Le marché de la VOD : poursuite de l’expansion

Le marché de la VOD s’établit finalement à 85 Millions d’Euros en 2009 avec une évolution en valeur de +60% par rapport à l’année 2008. La progression de ce nouveau mode de visionnage de contenu vidéo est relativement lente, même s’il apparait que la vidéo dématérialisée capte plus rapidement de la valeur que son homologue musical.

Le marché des loisirs interactifs

Après le record établi par l’année 2008, 2009 a représenté la deuxième meilleure année pour les marchés des loisirs interactifs, avec 2,7 Milliards d’Euros réalisés. La population de joueurs n’a cessé de croître pour atteindre 56% en 2009, contre 49% en 2008.

Le recul enregistré cette année, en hardware comme en software, confirme le caractère cyclique d’un marché rythmé par les arrivées des différentes générations de consoles. La septième génération, emmenée notamment par la Wii, s’est révélée être à date, la plus créatrice de valeur, et aussi celle qui a rassemblé le plus grand nombre de joueurs.

Le recul imputable aux consoles est dû à la conjonction de deux facteurs. D’une part certaines d’entre elles arrivent à maturité avec cinq années d’existence, d’autre part, les constructeurs ont baissé le prix des consoles de salon cette année pour dynamiser les ventes. Le recul sur les contenus tient à deux facteurs principaux : l’année exceptionnelle de 2008 qui impacte le marché en 2009 et les produits d’occasion ou les téléchargements, qui trouvent un public plus nombreux qu’à l’accoutumé en cette année de crise économique globale.

Les perspectives pour l’année 2010 font la part belle aux jeux et aux accessoires, qui n’ont pas encore transformé tout leur potentiel et devraient encore générer 1,7 Milliard d’Euros en 2010.

Le marché de la musique

Cette année encore, le marché de la musique physique a connu un recul significatif sur ses formats. Le CD est le support le plus touché avec un recul de 11% en valeur qui établit le marché à 814 Millions d’Euros, le DVD musical recule pour sa part de 4% pour un chiffre d’affaires de 71 Millions d’Euros. Le téléchargement légal, quant à lui, poursuit sa progression et dépasse même le format DVD en valeur en totalisant 75 Millions d’Euros en 2009. L’ensemble des circuits de distribution est touché par ce recul à l’exception toutefois de l’e-commerce sur Internet, qui progresse encore de 2,7% en valeur.

Le marché de la musique affiche un repli de -8% en valeur en 2009

La variété internationale, avec 34% du marché, a pris le pas sur la variété française, qui a représenté 32% du marché. Le décès de Michael Jackson n’est bien sûr pas étranger à cette tendance. N’oublions toutefois pas les derniers opus de Charlie Winston, Seal, U2, Muse ou encore des Black Eyed Peas, qui entrent au classement des 10 meilleurs albums de 2009.

Les habitudes de consommation des Français ont fortement subi l’impact de la crise : 84% des Français déclarent ainsi avoir moins de budget à consacrer à la musique qu’en 2008. L’offre gratuite sur Internet, qu’elle soit en téléchargement ou en streaming, renforce cette année encore son influence sur la consommation des français : 34% des Internautes affirment utiliser le streaming régulièrement pour assouvir leur soif d’écoute.

Malgré ces tendances baissières et les menaces qui pèsent sur le marché, certaines pistes laissent entrevoir un avenir plus radieux. La créativité des artistes, les mesures légales ou réglementaires attendues, ou encore la hausse de l’utilisation d’Internet à haut débit dans les foyers ou via les smartphones, pourraient entrainer une amélioration du marché de la musique, qui reste toujours l’un des loisirs préférés des Français.

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